Quand plusieurs phénomènes de foire se donnent la main, on obtient un phénomène de société. Ce groupe acquiert alors l’immunité, il n’est plus question de s’en moquer.
Il en va ainsi du récent engouement pour le striptease burlesque. Si au cours d’une représentation des lourdauds venaient à hurler « A la mer les thons, à la mer ! » ils auraient tout faux. Ces femmes ne sont pas moches, plates ou grosses, non ; elles sont burlesques, nuance.
Et d’ailleurs, ça n’a rien à voir avec le vieux strip dégueulasse à papa. Ces dames sont des artistes qui s’astreignent à une discipline de fer pour apprendre à correctement trémousser leur culotte de cheval. Certes, un peu comme lors d’un spectacle scolaire, on leur pardonne ratages et approximations, mais on est là pour rire et c’est thérapeutique. Le but de la manœuvre est d’apprendre à s’aimer ; étaler ses complexes au grand jour pour dire je suis ce que vous voyez, et alors ? Et alors quoi ? et alors j’t’emmerde, cela n’a rien de lubrique. En effet.
Qu’une bombe sexuelle se foute à poil en s’enlaçant à une barre et qu’à la vue de son corps parfait, toute une bande d’assoiffés se cramponnent à leur cravate pour ne pas juter, ça c’est vulgaire. Par contre, qu’une douzaine de laiderons « s’effeuillent » sur le générique de Benny Hill sans coller le gourdin à personne, ça c’est subtil, c’est classe, c’est burlesque.
Je le sais parce que ma femme en fait. Au début, c’est moi qui l’ai poussée. Vu que j’ai des petits troubles de l’érection, je me suis dit que ça pimenterait. Ça ne marche pas. Derrière ses froufrous, c’est toujours la même rombière.
Heureusement que c’est burlesque sinon ce serait à gerber.







Commentaires