Je fais souvent un cauchemar dans lequel j’exerce la profession de dame pipi en milieu carcéral. Je me réveille en sueur et inexplicablement couvert d’excréments. Comme je ne suis pas nombriliste, je n’en ai pas parlé dans ce Psikopat sur les prisons.
Inédit :
Le comte de Monte-Clito
Après une journée de travail couronnée d’une promotion, Hedmound roulait sur son scooter vers le logis de la belle Maïssadès, pour la demander en mariage. Malgré son cœur enflammé, il se prêta sans rouscailler au contrôle de police, qui, comme chaque soir, le ralentissait au même carrefour giratoire. L’excitation du chien des cognes contraignit le jeune homme à ouvrir le coffre de son deux-roues... la colère ne succéda à la stupeur qu’une fois jeté en prison : quelqu’un y avait entreposé des lingots de cannabis !
Seule une voix répondait aux hurlements de désespoir de notre prisonnier. Ce n’était pas celle de son codétenu, endormi par divers substituts à diverses drogues ; échappée d’un trou patiemment foré dans la vétusté, elle appartenait à un dénommé Fariah. Quelques années de captivité avaient suscité, chez cet assassin de convoyeurs de fonds, une vocation d’imam ; aux yeux de l’administration, il remplaçait d’ailleurs avantageusement un aumônier à 160€ par mois.
En sus de faire parvenir à Hedmound des morceaux choisis du Coran traduits de sa main, l’imam Fariah parlait énormément. Et savait aussi écouter. A la différence du garçon trop bon, il découvrit vite qui se cachait derrière la petite blague du scooter. Assurément, c’était Fernando, ce collègue qui jalousait l’avancement d’Hedmound et que celui-ci avait plusieurs fois surpris en train de se masturber sous la fenêtre de la succulente Maïssadès.
Le désir de vengeance ne quitta plus l’esprit du malheureux. Fariah lui indiqua le moyen de l’assouvir : offrir sa vie à Allah, qui réparera alors l’injustice qu’il n’avait d’ailleurs permise qu’à cette fin. En paradis, Hedmound retrouvera mille Maïssadès au clitoris en nez de dindon -particularité anatomique qui l’émoustillait, avait-il confié à l’imam radical- et non encore léché par Fernando. Avec le zèle du converti et la dilatation du prisonnier, il engouffra dans son anus le bâton de dynamite fourni par son allié. Puis alluma la mèche. 1 minute 38 plus tard, sa cellule fut repeinte dans des tons très rouges...
Difficile de dire si dématérialisé, Hedmound partit batifoler dans une céleste bassecour clitoridienne ; ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que sa revanche terrestre a totalement échoué, puisque Maïssadès n’ouvrit qu’à l’annonce de son décès sa fenêtre à Fernando. Quant à Fariah, pour faire péter les murs de sa prison, il dut se procurer des explosifs plus puissants et un autre infortuné, que la société avait acculé à l’irrationnel.






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